Royal Boch, la dernière défaïence

©Chiavetta

Fondée en 1841, la faïencerie belge Royal Boch a fourni aux quatre coins du monde de la vaisselle pour chaque jour et les grandes occasions. Depuis avril 2011, la faïencerie, restructurée à plusieurs reprises, brisée morceau par morceau, se désintègre au cœur de la ville, laissant autant de plaies ouvertes.  Les travailleurs, laissés pour compte, floués par un démolisseur, ont décidé de raconter leurs luttes, leurs espoirs déçus, leur quotidien. Un spectacle bourré d’émotions et de rêves, de bagarres et de rires.

Animateur et metteur en scène : Daniel Adam
Coordination artistique: Claude Lemay
Création et coordination images vidéo  : Joël Splingard
Création de contenu vidéo (séquence rêve, schéma de fabrication ) :
David Carlier, Benjamin Cuvelier, Alain Descamps, Jean-Luc Gason, Martin Leroy, Patrick Neys, de Dragone Studio, (stop motion): Britt Raes (extrait film) Lucas Dragone
Images projections:
Véronique Vercheval, Vincent Duseigne, Patrick Niset.
Création des éclairages : Michaël Gits (CCRC)
Musiques et bruitages : Hugo Adam

Avec Martine Joniaux, Martine Magnies, Marie-Thérèse Mancini, Brigitte Roland, Maria Russo, Michel Therasse, Jean-Jacques Verhelst, Inès Zanini, et la complicité de Marie-Jeanne Durieux et Luigi Restaino

Partenaires : Présence et Action Culturelles, Arsenic, Espace Dragone, Le Centre Culturel régional du Centre, La Louvière Métropole culture 2012, Direction générale des Affaires culturelles du Hainaut, Fédération Wallonie Bruxelles – Arts de la scène, le Ministre Président de la Fédération Wallonie Bruxelles, Service Art & Vie, Bibliothèque provinciale, le Centre de la Faïence Keramis, Centritudes…

Maintenant que l’occupation a été votée, il faut s’organiser. Et nous ne sommes plus  que 46. Avant, nous étions 1.600 ! Alors vient le temps des nuits de garde et des journées longues au cours desquelles on se raconte. Je me souviens, de ma première journée à l’usine, j’avais 14 ans. Et 40 ans plus tard, je suis toujours là… Mais occuper une usine grande comme un paquebot, on arrête jamais, et on a gardé l’outil en état. On était prêt à retravailler le lendemain. Et on en produisait de la vaisselle, avant. Des kilomètres de piles de vaisselle. Faut dire, on était une famille, une grande famille, et ce qu’on produisait partait jusqu’en Amérique ! Et maintenant, notre savoir faire, il va aller où ? En Chine ? Mais bon, on a été soutenu; presse, spectacles, jeunes, tout le monde est passé. Quand on travaillait, il n’y avait jamais personne mais maintenant qu’on occupe, il y a plein de monde; allez comprendre! Et puis il y a eu un repreneur, et on y a cru, et pas rien qu’un peu. On se méfiait, à force. Quatre faillites, ça aiguise l’analyse. Ah, si la ville avait voulu, Royal Boch aurait continué à être au centre de la ville, son coeur, son poumon, son âme même. Mais face à un centre commercial, ça ne fait pas le poids. Enfin bref, aidé des pouvoirs publics, Royal Boch a été repris par un nouveau patron. Et alors ? Et alors, on ne va pas tout vous dire. Venez à l’usine, qu’on vous raconte…